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L'évènement majeur dans l'histoire de
l'écriture occidentale est l'adoption par les romains de
l'alphabet étrusque. Au 1er siècle av. J.C., les
romains ont développé plusieurs écritures, dont
un alphabet rapide et cursif pour la correspondance et gravé
sur des tablettes de cire ou écri au roseau sur du papyrus.
Cette écriture est à l'origine de la lettre minuscule
et de la rustica
qui s'utilise dans les manuscrits, enseignes et inscriptions
gravées.
La troisième écriture romaine (capitale
romaine) est utilisée sous forme d'inscription
lapidaire ou de texte peint. Plus de 2 000 ans plus tard, ces lettres
servent toujours de base à nos capitales modernes.
Le IVème siècle voit émerger la quadrata,
une capitale utilisée pour les ouvrages de luxe.
Après le déclin de l'empire romain occidental au
Vème siècle, maintes écritures apparaissent dans
les royaumes émergeant de ses vestiges. Les écritures
"insulaires" procèdent de formes onciales
et semi-onciales; les écritures nationales européennes
comprennent la wisigothique en Espagne et la mérovingienne en
France. L'Eglise chrétienne, moyen de communication entre les
nations, conserve un rôle prédominant dans
l'enseignement et l'érudition. Des moines irlandais forment de
nombreux centres monastiques en Ecosse et au nord de l'Angleterre,
ainsi qu'à Luxeuil et Corbie en France, et Bobbio en Italie.
De même, des moines de Rome s'installent au sud de l'Angleterre
pour y entreprendre une longue période de conversion au
christianisme.
Le premier empire occidental à émerger des vestiges
de l'empire romain est celui de Charlemagne, dont le territoire
s'étend, au IXème siècle, des
Pyrénées à la Baltique. L'écriture
élaborée par Alcuin d'York (la minuscule caroline) en
devient l'écriture officielle.
A la fin du XIIème siècle, un système
complexe d'écritures gothiques
s'est répandu dans toute l'Europe. Pour plus de
simplicité, on les divise souvent en 2 groupes : les formes
solennelles de luxe utilisées dans les ouvrages religieux et
séculiers, et les formes cursives destinées aux travaux
documentaires et dès la fin du XIIIème siècle
dans les livres en langue vulgaire. Les écritures cursives
gothiques (ou bâtardes) restent usitées jusqu'à
l'apparition de la bâtarde
anglaise au XVIIIème siècle, quelque 200 ans
après l'abandon des écritures gothiques
livresques.
En 1400, une version réformée de la minuscule
caroline, la minuscule humanistique devient l'écriture par
excellence de la Renaissance. Son adaptation à l'imprimerie la
fait rayonner dans toute l'Europe et on l'utilise encore
aujourd'hui.
La dernière écriture importante est
l'écriture moulée ou anglaise, beaucoup utilisée
par les graveurs sur cuivre. Dès le XIXème
siècle, elle devient l'écriture type des affaires et de
l'enseignement. Le début du XXème siècle
connaît un renouveau de la calligraphie grâce à
l'oeuvre d'Edward Johnston en Angleterre et celle de Rudolph von
Larisch en Allemagne. Depuis les années 50, l'étude et
la pratique de la calligraphie se sont développées dans
de nombreuses cultures, attachées ou non à l'alphabet
latin.
La Rustica :
Si le calligraphe d'aujourd'hui est parfois dérouté
par l'immense variété d'alphabets existants, il n'en
était pas de même pour les premiers scribes romains, qui
disposaient seulement de 3 écritures. Une d'elle était
la capitale
romaine classique utilisée sous forme d'inscription
lapidaire sur les monuments. Pour les documents de la vie courante,
une autre écriture, cursive, se dessinait rapidemment pour
toute personne écrivant le latin. La troisième, la
rustica, était prisée par les peintres de lettres et
les scribes.
Du Ier au Vème siècle, elle figure dans les
ouvrages de luxe, ceux de Virgile notamment. Elle perd ensuite sa
qualité d'écriture manuscrite mais reste en usage
pendant des siècles pour la réalisation des titres.
N'étant pas utilisée dans la littérature
chrétienne, son abandon coïnciderait avec la conversion
de Rome au christianisme en 313 de notre ère et l'adoption de
l'onciale. Associée à la capitale romaine, elle
était également gravée sur les monuments
prestigieux.
La Quadrata :
La quadrata occupe une place controversée dans
l'évolution des écritures romaines. Les vestiges de la
quadata sont trop peu nombreux pour nous éclairer sur la
durée d'utilisation et sur son développement.
L'écriture n'en est pas moins d'une grande dignité et
d'une grâce essentiellement due à l'ouverture de ses
lettres et à leur nette séparation.
Il semblerait que les scribes utilisant la quadrata s'inspiraient
plus des inscriptions lapidaires contemporaines que des capitales
peintes de leurs prédécesseurs. Seuls 2 exemples
d'écritures ont été retrouvés, alors
qu'il existe quelque 400 de cette autre écriture romaine. Ces
deux manuscrits sont des textes prestigieux de Virgile datant du IV
siècle (Codex Vaticanus et Texte du monastère du
Saint-Grall).
La courte durée de vie de cette écriture peut
s'expliquer par le temps requis pour tracer chaque lettre.
La Capitale Romaine
:
La capitale romaine utilisée sur les monuments de la Rome
antique pour célébrer la puissance de l'empire romain,
est indiscutablement la plus majestueuse de toutes les
écritures. Les premiers exemples de cet alphabet romain datent
du Ier siècle avant notre ère et l'un des plus beaux
modèles figure sur la base de la colonne Trajane, à
Rome.
Dans une société où le niveau
élevé d'instruction se heurtait à l'ignorance du
procédé de l'imprimerie, les scribes romains et
dessinateurs d'enseignes jouaient un rôle fondamental. Elle
s'est avérée la plus durable de toutes les
écritures.
L'Onciale :
Elle serait apparue au IIème ou IIIème
siècle de notre ère, vraisemblablement en Afrique du
Nord. A cette époque, devant le rayonnement croissant du
christianisme dans tout l'Empire romain, il est probable que les
premiers chrétiens aient adapté l'onciale grecque
à la langue latine, pour en faire l'écriture par
excellence de leur nouvelle religion.
Elle fut introduite au sud de l'Angleterre depuis Rome par le
missionnaire saint Augustin en 597. Le terme d'onciale ou
"écriture d'une once" est attribuée à saint
Jérôme, traducteur de la Bible.
La Gothique Primitive :
Elle était largement utilisée en Europe occidentale
du XIème au milieu du XIIIème siècle. La Bible
de Winchester est un des ouvrages les plus illustres, au début
de la période gothique. Commandée par Henry de Blois,
évêque de Winchester, elle date de 1150 environ.
La gothique primitive naquit donc dans des contrées
d'influence normande et angevine - principalement en France et en
Angleterre - avant d'être diffusée au nord de
l'Allemagne, en Scandinavie, en Espagne, en Sicile et dans une partie
de l'Italie.
La Bâtarde Anglaise :
Des écritures cursives se développèrent au
niveau régional et national, pour devenir des écritures
à part entières. On les classe sous le terme
générique d'écritures bâtardes, en
référence à leurs caractéristiques issues
de la cursive et de la textura.
Il semble que l'écriture cursive ait connu un regain
d'intérêt en Angleterre à la fin du XIIème
siècle pour les travaux documentaires. Bien que la
rapidité fût une considération essentielle,
l'écriture devait également posséder des
qualités esthétiques.
Textes et dessins sont inspirés du livre 'L'abc du
galligraphe" de David Harris Edition Bordas - Dessain et Tolra